Décidément les mauvaises nouvelles pleuvent sur les salariés de l’équipementier Delphi, en passe de sortir du chapitre 11 d’ici fin septembre.
Cette fois-ci ce sont les Delphi Strasbourg qui ont eu droit à un départ pour les congés spécialement concocté par Delphi et Général Motors !
Vendredi dernier (31 juillet) les élus du site se retrouvent face à la direction Strasbourgeoise de Delphi pour un Comité d’Etablissement Extraordinaire alors que l’ensemble des salariés s’apprêtent à prendre leurs congés le soir même.
Déjà que l’ambiance est à l’incertitude depuis des semaines, voire des mois, suite au rachat annoncé du site et d’une partie du centre technique de Tremblay dans le cadre de la cession de la division Delphi « Steering » au profit de GM, voilà que la direction les informe que l’acheteur a prévu, sous la forme d’une option dans le contrat de vente, de ne pas inclure les sites français s’il le souhaite !
Concrètement, cela signifie qu’il pourrait exclure les sites de Strasbourg et de Tremblay de la vente globale de la division.
Nous avions pourtant rencontré un représentant de la direction européenne de GM au mois de mars dernier et il n’en avait nullement été question à ce moment !
Pourquoi ce possible revirement ? Est-ce parce qu’ils estiment que le site de Strasbourg cantonné par Delphi à la fabrication de pompes hydrauliques classiques ne peut être viable dans le temps ?
En effet, malgré les demandes multipliées par les syndicats pour une diversification de la production vers les pompes électriques, Delphi a toujours refusé le moindre investissement en ce sens, s’obstinant à répéter que l’avenir est situé sur les marchés émergeants des pays en voie de développement !
Résultat la production chute dramatiquement et ce sont maintenant le plus souvent des pompes en kit qui sont envoyées vers l’Inde, la Chine ou l’Iran pour y être assemblées. Il n’y a pas besoin d’être visionnaire pour savoir qu’un jour le tout sera fabriqué dans l’un ou l’autre de ces pays.
Que deviendra le site s’il n’est pas repris par GM alors qu’il faisait, comme les 72 salariés de Tremblay, partie intégrante de la division Steering ? Sera-t-il sous traitant de son ancienne division au sein de Delphi ?
Dans l’immédiat il y aura des clients à fournir dans le cadre de contrats à honorer mais pour combien de temps encore avant que son ancienne division mère ne mette en place un autre scénario sous la forme d’une nouvelle unité de production dans l’un des pays émergeants cités ?
Et que dire du centre technique de Tremblay si ce n’est que l’on voit mal celui-ci travailler pour la nouvelle division Steering/GM tout en étant maintenu dans le giron de Delphi alors que tous les brevets et toute la technicité spécifique aux organes de direction automobile auront changé de mains !
Dans un premier temps, les élus du site de Strasbourg ont naturellement prévenu les médias de sorte à alerter l’opinion et les Dernières Nouvelles d’Alsace ont largement commenté le sujet dans leur édition du samedi 1er août.
Il va sans dire que les responsables de tout cela vont devoir répondre aux questions que salariés et élus vont leur poser dés la rentrée car, une fois de plus, c’est de l’avenir de centaines de familles dont il sera question !
L'aticle des DNA:
Delphi: 330 salariés dans l'angoisse

Au Port-du-Rhin à Strasbourg, Delphi partage le même site industriel que l'usine ex-GM de transmissions automatiques. (Photo archives DNA)
Au Port-du-Rhin, les salariés de Delphi sont sous le choc : c'est la stupeur et la consternation. Leur représentants ont appris officiellement la nouvelle
hier matin lors d'une réunion extraordinaire du comité d'entreprise. Le soir même, l'usine allait fermer ses portes pour congés annuels. Le nouveau GM, délesté de ses actifs toxiques, de
plusieurs marques dont Opel et de l'usine strasbourgeoise de transmissions automatiques (1 200 salariés), reprendra bien l'activité mondiale « équipements de direction auto » de
Delphi, logée dans Delphi Steering (17 usines), mais se réserve expressément le droit de renoncer à Tremblay et Strasbourg.
La décision a été avalisée par le tribunal des faillites de New-York dans le cadre du feu vert qu'il a donné au plan de restructuration de Delphi, un plan qui prévoit la reprise de Delphi
par ses créanciers réunis autour de la banque JP Morgan, et ce par abandon d'une dette de 3,4 milliards de dollars. Toutefois, certains actifs de Delphi - en particulier la division
Steering - seront rachetés par General Motors en échange de quelque 3 milliards de dollars.
Avant la fin septembre, ce montage financier devra encore être validé sur le plan réglementaire et administratif, ce qui permettra à Delphi de s'extraire, de
facto, du processus de règlement judiciaire, du fameux chapitre 11. Reste à savoir ce que va décider GM pour le site de Strasbourg, et ce en plein coeur de l'été. Alors que le constructeur
automobile avait cherché dans les années quatre-vingt-dix à se dégager, coûte que coûte, de sa filiale Delphi et y était finalement parvenu en 1999, il en était malgré tout resté le premier
client.
Mieux, il avait maintenu le Delphi « indépendant » sous perfusion jusqu'à l'annonce de sa cession l'an dernier à un fonds d'investissement dénommé Platinium, une vente qui
n'aura - en fait - jamais été finalisée. Du coup, la décision de GM de reprendre dans son giron Delphi et son unité de Strasbourg avait, en mars dernier, fortement surpris dans les
ateliers du Port-du-Rhin. D'autant que l'usine alsacienne fabrique un produit en fin de vie, les pompes hydrauliques pour directions assistées, et qu'aucun investissement n'a été programmé pour
passer à l'électronique.
Qui plus est, les volumes de production s'avèrent en chute libre depuis des mois et les mesures de chômage partiel se succèdent. « Que se passera-t-il maintenant si GM renonce à nous
reprendre ? », s'interroge Sébastien Dettwiller, délégué syndical CGT. Peut-on envisager une cession globale de l'usine de transmissions (ex-GM) du Port-du-Rhin et de Delphi
Strasbourg qui sont déjà implantés sur le même site ? Quant aux négociations avec le chinois Weichai Power (ou d'autres) pour l'usine de transmissions, black-out complet. L'enjeu, on le
connaît : plus de 1 500 emplois dont le sort est en suspend.
Christian Lienhardt
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