Alors que les sites de production ont déjà payé un
lourd tribut aux
restructurations, la plupart du temps provoquées par des délocalisations, les salariés du centre technique Delphi au Luxembourg ont appris jeudi dernier que les financiers aux commandes, décidés à
aller plus loin encore, demandent à 110 d’entre eux de
rendre
leurs badges !
Comme chacun le sait, en plus d’abriter différentes directions européennes de divisions dont celle de Thermal, le centre technique, dans le cadre des recherches et développement, élabore les nouveaux produits et prototypes destinés aux cotations.
En ce qui concerne Donchery c’est biensur la climatisation qui nous interresse et nous sommes d’ailleurs dans l’attente du retour de trois de ces cotations dont, à ce jour, nous n’avons toujours pas la moindre preuve de leur existence.
En tout cas cette nouvelle vague de licenciements n’augure rien de bon pour nous et même si nous n’avons pas encore de détails sur les services et postes touchés, du fait de la législation du travail luxembourgeoise soumettant les syndicats à la confidentialité tout au long des tractations avec la direction losqu’il y a un plan social, il est à craindre que les seules personnes encore susceptibles de pouvoir travailler à l’élaboration de notre avenir soient touchées!
S’il fallait trouver, en plus des questions qui nous préoccupent, d’autres justifications à notre demande de rencontrer un responsable de la division Thermal Europe, celle-ci en est incontestablement une de taille!
Nous avons d’ailleurs mis ce sujet à l’ordre du jour du prochain CE !!
PS: Ci-dessous l’article du journal luxembourgeois le“Quotidien” sur le sujet.
Delphi: un calendrier établi
05/11/2009 06:43:00
110 des 720 salariés de Delphi pourraient être licenciés d'ici la fin de l'année, suite à des difficultés financières.
La première réunion de négociations entre les délégations syndicales et la direction n'a pas fait avancer la question du licenciement prévu de 110 salariés.
La mauvaise nouvelle est tombée il y a une semaine : 110 des 720 salariés de l'équipementier automobile Delphi pourraient être licenciés d'ici la fin de l'année. La raison : les difficultés financières de l'entreprise. Aujourd'hui, la première réunion de négociations du plan social a eu lieu à Bascharage. Syndicats et direction ont commencé par aborder des questions techniques. / De notre journaliste Christiane
Ces premières négociations se sont déroulées dans un climat très calme, ce qui ne veut pas dire que nous serons d'accord sur tous les points», dit
Jean-Claude Bernardini, secrétaire central de l'OGBL, hier soir, à la sortie de la première réunion avec la direction luxembourgeoise de Delphi. Si la menace de licenciement de 110 salariés est
plus qu'alarmante, le premier but des délégations syndicales était hier de régler les questions techniques. «Est-ce qu'une telle machine peut être opérationnelle avec moins de personnel ou pas,
ce sont ce genre de questions que nous avons posées à la direction», continue Jean-Claude Bernardini, questions auxquelles la direction ne peut pas répondre dans l'immédiat quand on a affaire
avec une entreprise internationale.
En effet, l'entreprise basée à Bascharage fait partie d'une multinationale américaine spécialisée dans la production de systèmes d'injection pour moteurs à essence et diesel, de composants de
conditionnement d'air et d'échappement ainsi que de systèmes à carburant. La crise économique, avec une baisse radicale de la demande dans le secteur automobile, a atteint Delphi de plein fouet.
Mais des soucis de dépôt de bilan existaient déjà bien auparavant. Depuis quatre ans, cette ancienne filiale de General Motors est en difficulté financière. Même si la maison mère a pu sortir du
régime de faillite sous lequel elle a été placée en octobre 2005, les derniers rebondissements inquiètent. «Même si la question du personnel n'a pas encore pu être abordée aujourd'hui, faute de
détails sur le fonctionnement général de l'entreprise, ce sera pour nous la priorité absolue», assure Jean-Claude Bernardini. À la sortie de la faillite, le 8 octobre dernier, les soupirs de
soulagement ne se faisaient pas longtemps attendre. Delphi était tombé dans les mains de nouveaux actionnaires, dont en partie celles de General Motors et de différents fonds financiers. Ce
serait surtout ces fonds financiers qui posent problème, comme l'évoque Jean-Claude Bernardini : «Ils rachètent des parts dans l'industrie et ils y remplacent la mentalité de production par leur
mentalitéfinancière.»
Question du personnel pas encore entamée
La locale luxembourgeoise de Delphi n'est pas productrice, elle est spécialisée dans la recherche et le développement. Les 720 salariés sont des personnes qualifiées, la plupart d'entre eux sont
des techniciens ou des ingénieurs. Qu'ils puissent garder leur emploi à la fin de l'année ou pas, cela dépendra du déroulement futur des négociations. «Ce qui est clair, c'est que Delphi prévoit
toujours de licencier, ce sera à nous de trouver une solution pour limiter les dégâts avec les représentants de la direction», avance Jean-Claude Bernardini qui ajoute : «Évidemment, dans
l'idéal, aucun salarié ne devrait perdre son travail, mais pour arriver à cela, nous aurions besoin d'un support légal.» Dans la réunion d'hier, direction et syndicats ont fixé un agenda de huit
rendez-vous afin de garantir l'avancée des négociations. Les syndicats ont également interrogé l'entreprise sur ses projets pour 2010. Si l'entreprise s'engage par exemple avec ses produits dans
la «technologie verte», à savoir dans l'augmentation de l'économie de pétrole dans le secteur ainsi que dans la réduction des émissions, il n'est pas sûr que l'avancée de ces projets puisse
représenter un brin d'espoir pour les 110 salariés menacés de licenciement.
Pour l'instant, les réponses aux questions techniques abordées hier devront être connues dans les prochains jours. Ce matin, une nouvelle rencontre entre les délégations syndicales et la
direction est prévue. Le destin du personnel sera le sujet de réunions ultérieures. En tout cas, pour l'instant, le siège de Delphi à Bascharage baigne encore dans le calme. «Le cas de Delphi ne
peut pas être comparé à un cas comme Villeroy&Boch. Même si tous les départements de l'entreprise sont touchés par la menace du licenciement, les salariés gardent encore leur sang-froid»,
explique Jean-Claude Bernardini. Reste à attendre si le calme se prolongera dans les prochaines semaines voire jusqu'à la fin de l'année.
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